LES ONDES COURTES
UNE VIEILLE AMIE TOUJOURS JEUNE

Vous souvenez-vous des Ondes Courtes ? Elles défiaient les mers les plus étendues et les montagnes les plus hautes, les frontières les plus imperméables et les dictatures les plus répressives.

Ensuite arriva la TV, plus tard les antennes paraboliques qui permirent de desservir jusqu'aux pays les plus éloignés. D'abord les pays confinants, successivement les régions lointaines purent alors voir comment vivaient les autres et cela donna une impulsion considérable au changement.
Les gouvernements les plus réticents face à ces transformations interposèrent tous les obstacles possibles à la diffusion des antennes, qui, avec les signaux TV, commencèrent à capter également ceux de la radio. A la fin, le Mur tomba, et il devint encore plus facile de " se regarder " les uns les autres.

Les grandes radios internationales
Les grandes radios internationales traversent une période de réflexion. Nombreux, trop nombreux ont été les changements politiques et technologiques de cette dernière décennie pour qu'elles se bornent à poursuivre leur chemin comme si de rien n'était. Déjà la technologie nous illustre les appareils radio de l'avenir : digitaux, portables et dotés de multiples services accessoires. Il faut dès lors stipuler des accords internationaux pour unifier les systèmes, pour que les appareils soient à la fois peu coûteux et faciles à utiliser. Il faut également trouver une entente pour l'utilisation des nouvelles fréquences. Combien de temps faudra-t-il pour résoudre ces questions ? Impossible de fixer des dates précises. Il convient donc de miser dès maintenant sur tous les éléments susceptibles de s'avérer gagnants.
Cette opération a un coût élevé, notamment pour les radios internationales publiques qui ne peuvent tabler sur des recettes publicitaires.
Entre-temps les Ondes Courtes sont loin d'avoir trépassé et sont encore irremplaçables pour qui se trouve en dehors des grandes agglomérations, là où il est difficile pour les radios internationales de conclure des alliances avec les radios locales. Ces alliances, en outre, concernent presque exclusivement les radios "ethniques " ; à savoir celles qui transmettent dans la langue originale de la radio internationale qui peut de toute manière compter sur une audience d'une certaine consistance. Ainsi les auditeurs appartenant à un groupe peu nombreux ou habitant dans des régions où il n'existe pas de radios "ethniques " sont-ils pénalisés.
Sans parler des territoires auxquels leur étendue ou d'autres motifs imposent de confier la communication à la radio.
Rai International a donc décidé de poursuivre sa mission à travers les Ondes Courtes, voire de la rendre plus efficiente encore et déploie tous ses efforts en vue de se mettre à jour du point de vue technologique et de rendre plus aisé l'accès à ses programmes. Principalement en veillant à ce que les structures de diffusion soient à la hauteur des tâches les plus ardues. Par la suite en recourant également à des stations relais pour la transmission de nouveaux programmes. D'ici 1998 (NDR : bien que venant de m'être expédié, l'article du magazine date de février 1998 !), par exemple, on envisage de doubler l'offre destinée aux italianophones d'Australie qui pourront capter l'émission de pointe " Un'ora con voi " également à 7 heures du matin, prime time radiophonique. Les auditeurs du " Notturno Italiano ", un créneau de plus de 5 heures, remarqueront bientôt des changements, fruit des efforts tant du secteur journalistique que de celui des programmes. Par ailleurs une grille radio de Rai International, en italien, est en passe d'être lancée sur les 24 heures, via le satellite.
Parallèlement, les signaux TV de Rai International couvrent déjà presque toute la planète. Notre objectif, en effet, est de parvenir pratiquement partout, soit avec nos grilles TV, soit avec nos programmes radio. Et nous savons qu'à certaines heures les unes n'excluent pas les autres.
Cependant, la mission d'une grande radio internationale comporte aussi la communication en différentes langues, afin de présenter aux autres sa propre manière de confectionner l'info et la culture, donc ses propres opinions, son propre "système-pays ". De ce point de vue, les ondes courtes n'ont pas encore de rival digne de ce nom.
Le véritable problème, c'est connu, tient aux bilans économiques. De ce fait, nombre d'émetteurs prestigieux ont décidé de limer leurs dépenses en commençant par supprimer les émissions dans les langues les moins importantes ou dans celles devenues moins stratégiques sur la plan politique.
Tout en tenant compte de son budget, Rai International a décidé de ne pas suivre cet exemple. Nos auditeurs, même s'ils vivent dans de petits pays, pourront continuer à capter infos et musiques de l'Italie. Au contraire, le secteur sera amplifié et les émissions seront compactées selon les aires géographiques, permettant ainsi aux auditeurs polyglottes d'écouter à la suite, s'ils résident dans la même zone, les émissions en plusieurs langues. Nous espérons que cet effort considérable sera apprécié par nos auditeurs et par tous les mordus des Ondes Courtes, de ce vieux système d'écoute pourtant toujours nouveau, qui rend la radio si fascinante et le monde si petit.

Fausto Spegni
rédacteur en chef pour l'info de Rai International